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Image: Patrick Martin

Il met son dynamisme au service du sport

24heures - Portrait de Pierre Zappelli, président du Panathlon International.

Le 22 mai dernier, à Anvers, en Belgique, le Lausannois Pierre Zappelli est devenu le nouveau président du Panathlon International. Un honneur jusque-là presque exclusivement réservé aux Italiens, puisque seul un Tessinois avait occupé, dans les années 1970, la fonction depuis la création de cette association, en 1951, à Venise.

Membre du Panathlon – dont la louable ambition consiste à défendre les vraies valeurs du sport – depuis une vingtaine d’années, Pierre Zappelli est rompu aux hautes fonctions. Il fut président du club de Lausanne de 2008 à 2012, puis du Panathlon Suisse les quatre années suivantes. «Ce mouvement, désormais reconnu par le CIO, a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale grâce à un groupe d’amis conscients de l’importance de la pratique sportive pour la santé mentale et physique de chacun. Avec le temps, nous sommes devenus un club au service du sport. Nos idéaux sont la promotion des valeurs du monde du sport, le fair-play ou la lutte contre le dopage. Dans cette optique, nous cherchons aussi à collaborer avec les institutions afin de réaliser des projets liés au sport.» A titre d’exemple, le Panathlon Lausanne est à l’origine des Family Games, dont le succès est grandissant.

A 73 ans, Pierre Zappelli se lance dans cette nouvelle aventure avec l’enthousiasme d’un adolescent. «La plupart des gens de mon âge préfèrent peut-être profiter d’un repos bien mérité. Ceux qui me connaissent savent que je ne peux pas rester longtemps inactif. J’ai encore beaucoup d’énergie, trop besoin de bouger et de me sentir utile. Raisons pour lesquelles je n’ai pas hésité longtemps lorsque l’on m’a proposé de relever ce défi, il y a un an. En premier lieu, parce que c’est, selon moi, une cause pour laquelle il vaut la peine de s’investir.»

Cette passion, Pierre Zappelli la doit en bonne partie à ses parents. Escrimeur émérite, son père fut triple médaillé olympique aux JO de Londres, en 1952, et d’Helsinki quatre ans plus tard. Quant à sa mère, elle lui fit découvrir les joies de l’alpinisme. «Si mon père, malheureusement trop tôt disparu (ndlr: il n’avait que 54 ans), m’a donné le goût de la compétition, synthétise Pierre Zappelli, ma mère m’a transmis celui de l’effort soutenu, de la persévérance.»

Son brevet d’avocat en poche, Pierre Zappelli quitte Lausanne pour Fribourg, où il entreprend une carrière dans la magistrature. Il y restera jusqu’en 1996, date à laquelle il est nommé juge au Tribunal fédéral. Une promotion qui marque son retour dans sa ville natale. «Durant toutes ces années, mon emploi du temps ne m’a jamais empêché de faire du sport. Du tennis de table surtout, ma discipline de prédilection, que je pratique d’ailleurs toujours.» Une activité qui permet aussi à celui qui a été président de la Fédération suisse de tennis de table – et demeure délégué de l’Union internationale des magistrats à l’ONU – de goûter au plaisir d’exercer des tâches plus administratives et de se mettre ainsi au service des autres.

Ludis jungit

Cette habitude des responsabilités lui sera précieuse pour mener à bien les divers projets qu’il compte développer ces quatre prochaines années. «Le principal objectif sera de mieux faire connaître et d’internationaliser davantage encore le Panathlon, explique son nouveau président. Peu de gens savent d’abord ce que nous sommes et nous confondent encore avec le pentathlon. Or pana signifie «tous» en grec, et athlon, «sport». De plus, notre association reste malheureusement par trop latine. Même si les 282 clubs sont répartis sur quatre des cinq continents, nous ne sommes pas suffisamment représentés, et connus, dans les pays du Nord. En Allemagne par exemple, il n’existe que deux clubs, en France sept seulement. Contre trois dans le seul canton de Vaud!»

Un double objectif que Pierre Zappelli pense avoir plus de chances d’atteindre en se rapprochant du monde politique et des institutions sportives. «Notre siège historique est à Rapallo, près de Gênes. Un endroit certes magnifique mais un peu loin de tout. Je trouverais donc intéressant de créer deux antennes du Panathlon à Bruxelles, pour être proche de l’Union européenne, et à Lausanne, où cinquante-deux fédérations sportives ont leur siège.»

Pierre Zappelli s’est donné quatre ans, le temps d’un mandat – il affirme que ce sera le seul – pour donner une nouvelle impulsion au Panathlon, dont la devise est Ludis jungit (unis par le sport et pour le sport). Un défi de taille qui ne sera peut-être pas le dernier d’une vie où le repos est toujours remis à plus tard. Son chien Lyskamm – nom d’une montagne du massif du Mont-Rose –, qui ne quitte pas l’ombre de son maître, devra, lui aussi, se faire une raison.

CARTE D'IDENTITE

1943 : né à Lausanne le 25 janvier.

Dates importantes

1964 : naissance de Daniel, son premier enfant. Suivront Olivier (1966) et Gabrielle (1978).

1999 : épouse Pâquerette en secondes noces.

2003 : délégué de l’Union internationale des magistrats à l’ONU.

2004 : nommé président de la Commission des licences de l’UCI à Aigle.

2008-2011 : président du Panathlon Lausanne

2012-2015 : président du Panathlon Suisse

2013 : à 70 ans, il gravit le Cervin pour la troisième fois, après l’avoir déjà fait en 1959 et en 1969.   

Source : 24heures du 02.06.16, André Boschetti.
Photo : Patrick Martin